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Dance et nouveau medias

Emanuele Quinz, Anomos, France

 

 

Introduction

Dans sa célèbre analyse de l’impact des technologies de reproduction sur le système des arts, Walter Benjamin constate la distance, ou mieux l’opposition entre les nouvelles oeuvres techniquement reproductibles (cinéma, photographie, etc) et les arts de la scène, comme le théâtre et la danse [1]. Car, si ces derniers proposent une expérience de l’immédiateté, où l’interprète et le spectateur sont présents corporellement l’un à l’autre dans un même lieu et au même moment (hic et nunc), pour le cinéma – par exemple –  cette présence passe à travers la médiation d’un appareillage technique. 
Cela implique, selon Benjamin deux conséquences: d’un côté, la prestation de l’acteur n’est plus présentée entièrement, mais ses limites spatio-temporelles sont données par le montage, de l’autre l’acteur perd la possibilité d’adapter son interprétation au public.


Irréversibilité de l’objet technique : dans ce cas, la perte de l’aura ne se caractérise pas seulement comme une transformation de l’interprète qui devient un élément parmi les autres de la machine de représentation, mais surtout comme clivage de la co-présence entre acteur et spectateur, comme explosion du hic et nunc. Le rapport au dispositif technologique (la caméra, l’écran) remplace le rapport direct entre acteur et spectateur. A tel point que la distinction entre eux n’est plus substantielle mais fonctionnelle. Comme conclut Benjamin, la médiation technique s’oppose et neutralise l’immédiateté du corps.

L’apparition d’une nouvelle technique ou d’une nouvelle technologie (en tant que “pensée de la technique”) impulse dans le système des arts des secousses et des mouvements de tassement. La mutation du paysage n’advient pas, comme trop souvent les critiques et les apologètes de la dite “art numérique” proclament, par une suite de remplacements et de catastrophes, mais par un processus de stratification et de complexifications.


1) W.BENJAMIN, Das Kunstwerk im Zeitalter seiner technischen Reproduzierbarkeit, in Ausgwählte Schriften 1, Frankfurt a.M., Suhrkamp Verlag, 1977, p.150-162.

 

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